Fintech: un appui grandissant
Alors que la suisse à longtemps eu un wagon de retard concernant les startups dans le secteur de la finance technologique (aussi appelées fintechs – voir notre article), cette dernière tend peu à peu à devenir une place de choix pour les fintechs et ce notamment grâce aux soutient de diverses institutions à l’instar de la FINMA (l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers).
Il y a quelques semaines, la FINMA à publié un communiqué de presse portant sur les obstacles auxquels sont confrontées les fintechs. En effet, le marché bancaire est l’un des secteurs comportant les plus hautes barrières d’entrée pour les nouveaux acteurs et ce n’est donc pas une surprise que l’autorité ait décidé de revoir ses standards en matière d’autorisations bancaires afin de les adapter aux nouveaux acteurs de la finance en suisse : les fintechs. Une nouvelle forme d’autorisation pourrait ainsi être mise en place et octroyée aux acteurs dont les dépôts acceptés n’excèdent pas 50 millions de francs suisses. Pour des raisons de sécurité, la FINMA demanderait aux autorisés de déposer 5% en fond propre avec un minimum de CHF 300’oo0. Par ailleurs d’autres mesures viseraient à abaisser ces barrières pour les plus petites structures, dont les dépôts ne dépasseraient pas CHF 200’000 et ce quelque soit le nombre de déposants. Ces mesures seraient particulièrement avantageuses pour les gérants de fortune en ligne ou encore les plateformes de crowd-founding pour la première. Quand à la seconde, elle s’adresse aux jeunes startups émergentes.
Parallèlement, une nouvelle circulaire régule désormais les procédures d’identification par voie numérique et notamment par vidéo, un moyen utilisé par un nombre croissant de startups et fintechs telles que la banque en ligne number26, qui propose une identification et un création de compte par voie numérique et ce en un temps record (quelques minutes). Créée début 2013 à Berlin, Number26 croit à vitesse grand V et est déjà présente dans plusieurs pays européens dont l’Allemagne et la France et devrait être disponible en suisse d’ici peu.
Cette nouvelle banque très attractive pour les individus exposés aux technologies numériques, illustre bien les changements que le secteur bancaire voit arriver et la nécessité pour ces derniers de s’adapter. Où se situe donc la suisse aujourd’hui ? Deux nouveaux moyens de payement mobile font particulièrement parler d’eux ces jours ; TWINT créé par la banque postale et PAYMIT né d’un partenariat entre UBS, SIX et la Banque Cantonale Zurichoise. La croissance de ses derniers est remarquable, mais comme l’a récemment mentionné un article publié dans le NZZ, l’hypothèse d’une fusion des deux concurrents semble intéressante, voir nécessaire, si les startups suisses souhaitent d’un côté survivre à l’arrivée prochaine de Apple-pay (et dans le même temps Google-pay et Samsung-pay) et d’un autre côté s’attaquer au marché international du payement en ligne.
Quand aux petites fintechs innovatrices elles aussi grandissent et se multiplient, en décembre derniers elles étaient au nombre de 160 sur l’ensemble du territoire suisse. On peut ici saluer la création de nouveaux incubateurs de fintechs et bien sûr, les efforts de l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers.
La Suisse à encore un long chemin pour devenir la destination phare des fintechs, mais son environnement favorable à la finance supporté par les récents changements réglementaires sont déjà des piliers clefs pour atteindre un tel objectif.
